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Remonter, vérifier et critiquer une information

6 novembre 2019
Cédric
Cédric

Fake news, mensonge, omission ou déformation de la réalité sont monnaie courante aujourd’hui venant aussi bien de médias, politiques ou réseaux sociaux. Voici quelques conseils pour lutter face à ces dérives issues du monde de l’information.

Tout d’abord, personne ne vérifie TOUTES les informations que l’on peut lire, on y passerait simplement nos journées. Cependant, il peut arriver d’être face à une information qui remet en cause nos croyances ou qui semble simplement extraordinaire. Dans ce cas, le mieux est alors d’essayer de vérifier cette nouvelle. Dans le cas contraire, il faut aussi faire attentions aux informations qui vont dans le sens de nos idéologies puisque l’on subit alors un biais de confirmation qui consiste à privilégier les informations qui confirment nos idées préconçues.

Remonter l’information

Quoi qu’il en soit, pour vérifier une info, le mieux est de commencer par remonter à la source de celle-ci. Elle sera généralement disponible dans la partie « références » ou « bibliographie » d’un article. Il est aussi possible pour les publications scientifiques de trouver le nom de l’auteur, son université et la date de parution pour retrouver la publication dans une base de donnée comme pubmed ou encore science direct.

Ensuite il faut établir le niveau de confiance que l’on peut accorder à cette source, le plus bas étant l’opinion personnel puis le témoignage, viennent ensuite l’étude scientifique puis le consensus. L’opinion ne vaut généralement rien ou presque, dépendant de l’auteur et de son expertise dans le domaine dont est issue l’information. Le témoignage peut permettre de comprendre un point de vus ou une situation mais est soumis à de nombreux biais et est donc relativement peu sure et subjectif. L’étude scientifique est plus robuste, elle suit une méthodologie stricte, cite de nombreuses autres études qu’elle peut critiquer, doit déclarer les conflits d’intérêts, est publiée dans un journal à comité de lecture et est donc revue par les pairs. Enfin, le consensus scientifique est la réplication de résultat issues d’articles, on peut généralement dire que le consensus signifie qu’une information est factuelle ou du moins se rapproche de la réalité. 

Vérifier l’info

On va s’intéresser au cas de l’article, qui est la source la plus commune dans les médias et malheureusement aussi là plus souvent déformée. Une fois l’article retrouvé vous pouvez en lire le résumé (passez le sous google translate si vous n’êtes pas anglophone) afin de comprendre le but de l’étude et ce qu’elle met en évidence. Comparez cela à l’information que vous avez eue plus tôt afin de trancher si l’information est réelle, exagérée ou simplement fausse. Il est aussi possible de vérifier le nombre de publications sur ce même thème par les auteurs pour connaitre leur niveau d’expertise sur ce sujet. Si vous voulez être plus critique, que vous connaissez le domaine ou voulez plus de précisions, vous pouvez envoyer un mail à l’auteur pour lui demander l’article complet s’il n’est pas en open access. Vous pourrez alors avoir accès aux résultats, l’interprétation ainsi qu’au protocole utilisé, partie nécessaire si vous voulez comprendre l’importance des data collecté et les biais issus de la méthode. 

L’impact factor

Enfin, si l’information semble correcte, vous devriez aussi regarder le journal dans lequel a été publiée l’étude et vérifier son impact factor. Cette valeur est un indicateur de la qualité du travail effectué par les chercheurs. En effet en sciences tous les journaux ne sont pas équivalents et certains sont beaucoup plus prestigieux que d’autres. De façon générale, une étude à impact factor inférieur à 1 n’aura pas eu un niveau de critique très élevé par le comité de lecture.  A contrario, au-dessus de 10 le journal est beaucoup plus strict sur les études qu’il va publier.

Gardez tout de même en tête que L’impact factor se calcule par le nombre de citations des articles de la revue sur le nombre d’articles publiés par la revue sur une période de 2 ans. Ce calcul engendre donc un biais qui fait qu’un article très cité par les scientifiques fait gonfler l’impact factor du journal en augmentant la moyenne de citation.

2 Commentaires

  1. Arséne

    Très tangible. Tu m’as impressionné!
    Je suis content de t’avoir trouvé =)

    Réponse
    • Cédric Jehan

      Merci beaucoup c’est très encourageant ! j’espère que les prochains articles t’intéresseront aussi 🙂

      Réponse

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