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La dernière période interglaciaire suggère une fonte totale de l’arctique d’ici 2035

14 août 2020
Cédric
Cédric

L’équipe du Dr Alistair Sellar, travaillant au MET office au Royaume uni, a publié dans le journal Nature leurs nouvelle modélisation de la dernière période interglaciaire et leurs résultats présage un réchauffement plus brutal qu’attendu…

Période interglaciaire

Une période interglaciaire sépare, comme son nom l’indique, deux périodes glaciaires ou les températures moyennes de la planète sont donc relativement élevées. En effet, les températures dans les hautes latitudes septentrionales étaient considérablement plus chaudes au cours du dernier interglaciaire (il y a entre 130 000 et 116 000 ans), et le niveau mondial de la mer était probablement de 6 à 9 m plus élevé qu’aujourd’hui. La température mondiale moyenne était 4 à 6°C supérieurs aux températures pré-industrielles. Autrement dit 4 à 6°C de moyenne mondiale est la différence entre notre monde et une période glaciaire, de quoi réfléchir aux 2°C sur lesquels le GIEC se focalisait à limiter le réchauffement.

Les simulations précédentes de l’interglaciaire n’ont pas réussi à capturer les températures élevées observées. Cela suggère que ces modèles sont passés a coté des principaux processus climatiques de l’Arctique dans les périodes plus chaudes.

La dernière modélisation soutien, contrairement aux anciennes, une fonte des glaces arctique en juin jusqu’à une disparition totale et persistante de la banquise entre aout et septembre.

Le rôle de l’albédo

D’après l’équipe de chercheur, cette simulation modélise 48% plus précisément les observations que les anciennes simulations. La raison pour laquelle l’arctique fond totalement dans ce modèle est la prise en compte de l’effet albédo, le pouvoir réfléchissant d’une surface. Ainsi, la fonte de la glace diminue la réflexion de la lumière et donc augmente la température ce qui accélère la fonte de la glace restante.

La quantité de rayons solaires réfléchis (la valeur de l’albédo est également exprimée en pour cent réfléchis) dépend de la couleur de l’obstacle rencontré. © Johns Hopkins University 

De graves répercussions climatique

La conséquence de la perte des glaces avec ce modèle est une hausse globale des températures continentales dans l’hémisphère nord sur l’ensemble de l’année.

A partir de ce modèle, les chercheurs ont recherché l‘équivalent gaz a effet de serre nécessaire pour atteindre une fonte totale de l’arctique: pour une simulation haute en gaz à effet de serre (trajectoire actuelle) la glace disparaitra totalement à l’horizon 2035, contre 2086 pour l’ancien modèle.

Cycle des périodes glaciaires et interglaciaires. On observe que sans activité humaine les températures devraient aller vers une diminution.

Le Dr Louise Sime, à la tète du groupe paléoclimat alerte:

«Nous savons que l’Arctique subit des changements importants à mesure que notre planète se réchauffe. En comprenant ce qui s’est passé pendant la dernière période chaude de la Terre, nous sommes mieux placés pour comprendre ce qui se passera à l’avenir. La perspective d’une perte de glace de mer d’ici 2035 devrait vraiment concentrer tous nos esprits sur la réalisation d’un monde à faibles émissions de carbone dès que cela est humainement possible. « 

Des mots emplis de raison lorsqu’on les mets en lien avec cette nouvelle d’il y a quelques jours seulement selon laquelle le dernier plateau de glace intact du Canada s’est brisé, formant 2 icebergs dont un de la taille de Manathan.

Selon le NSIDC, le niveau de la glace de mer arctique a atteint un niveau exceptionnellement faible en juin 2020. C’est aussi la première fois de l’année où la route maritime du Nord était dénuée de glace.

De nombreux animaux tels que les morses, les phoques et les ours polaires dépendent de la glace de mer pour la chasse et la reproduction. Le Dr Guarino, premier auteur de l’article, souligne que de nombreux écosystèmes pourraient également être détruits si la glace de mer venait à fondre

« Une disparition complète de la glace de mer aurait un impact profond sur notre climat, notre météo et donc sur la société », a déclaré le Dr Guarino. 

Références

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