< retour aux articles

Plus de 250 scientifiques appellent à un débat sur les risques d’effondrements

15 décembre 2020
Cédric
Cédric

De plus en plus de scientifiques et universitaires considèrent désormais un effondrement comme crédible et affirment que nous devons discuter de ces menaces afin de pouvoir s’y préparer.

Le 6 décembre 2020, une lettre publique appelant les décideurs à s’engager davantage face au risque croissant de perturbation et d’effondrement de la société en raison des dommages causés au climat et à l’environnement à été publié et signé par plus de 250 scientifiques issus d’une vingtaine de pays.

La lettre invite à se concentrer sur la façon de ralentir, de se préparer et d’aider ceux qui souffrent déjà de telles perturbations. Les signataires sont des spécialistes dans toute une gamme de domaines liés à ce défi.

Ce n’est que si les décideurs politiques commencent à discuter de cette menace d’étiolement de la société que nous pourrons réduire sa probabilité, sa rapidité, sa gravité et ses dommages aux plus vulnérables – et à la nature.

Science et effondrement

En effet, bien que la collapsologie émerge ces dernières années dans les média « alternatifs », notamment popularisé dans les livres de pablo servigne puis sur youtube via les conférences de Jean-Marc Jancovici ou le résumé d’Absol visionné plus d’un million cinq cent mille fois, les scientifiques et politiques peinent à s’emparer du débat.

Il est pourtant discuté dans les forces armées comme on l’a vus il y a 5 ans en Suisse , aux États-Unis via rapport montrant que l’armée américaine n’était pas prête à une crise climatique importante, aux Royaumes Uni ou l’armée se prépare à un manque de carburant.

Les scientifiques étudient sous d’autres dénominations ce que l’on peut nommer la collapsologie, généralement des domaines comme l’effondrement de la biodiversité, les pires scenarios du changement climatique ou encore la résilience locale alimentaire, hydrique etc…

L’absence de discussion alimente l’adhésion aveugle à ce mouvement et semble apporter la peur chez de nombreuses personnes qui n’étaient pas survivalistes mais qui comptent maintenant se préparer à un effondrement.

Il semblerait aussi que le SARS-CoV-2 ai entraîné une augmentation des recherches sur la collapsologie durant le premier confinement avec deux pics en mars et avril puis une baisse de l’intérêt avec la banalisation de la crise.

Changement psychologique, perte d’espoir chez les jeunes, rancunes pour l’ancienne génération, sentiment d’abandons… Associé à un chômage massif et une jeunesse de plus en plus précaire, je pense qu’il est en effet temps de débattre sérieusement et factuellement des risques d’effondrement.

Comme je l’écrivais il y a 10 mois dans un article sur la collapsologie, cette discipline n’entre pas dans le champ des sciences et ne doit surtout pas valoir prophétie mais mérite tout de même un intérêt, scientifique dans un premier temps, puis, si avéré, politique.

On peut espérer de cet appel des études approfondies de la part d’un plus grand nombre d’experts issues de différents domaines pour infirmer ou au contraire confirmer les menaces que la collapsologie met en exergues

Si ces menaces sont confirmées, la lettre explique qu’une partie de ces scientifiques pensent qu’une transition vers une nouvelle forme de société peut être possible. Cela impliquera une action audacieuse pour réduire les dommages causés au climat, à la nature et à l’humanité ainsi que des perturbations majeures de notre vie quotidienne. Ces chercheurs s’accordent à dire que les efforts visant à supprimer les discussions sur l’effondrement font obstacle à la possibilité de cette transition.

« Nous avons constaté à quel point il est émotionnellement difficile de reconnaître les dommages causés, ainsi que la menace croissante pour notre propre mode de vie. Il est temps de s’inviter dans des conversations difficiles, afin que nous puissions réduire notre complicité dans le mal, et faire preuve de créativité pour tirer le meilleur parti d’un avenir turbulent. »

Vous aimez nos articles? Soutenez l'Agora !

Tu ne peux pas / ne souhaites pas participer financièrement ? Pas de soucis ! N’hésite pas à partager !

1 Commentaire

  1. София

    Jennifer Renoux est docteure en intelligence artificielle. Elle copreside le collectif NoFakeScience, qui a redige cet appel. Le collectif NoFakeScience, qui regroupe une vingtaine de scientifiques et de specialistes de la vulgarisation, s’alarme du traitement reserve a l’information scientifique dans les medias, souvent devoye. Il appelle a un sursaut et souligne l’existence de consensus scientifiques parfaitement etablis sur certains sujets. Il est soutenu en cela par pres de 230 autres grands noms de la recherche mondiale, qui ont signe cet appel. Ce texte est publie en France en exclusivite par l’Opinion. Il est simultanement publie au Canada par

    Réponse

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

4 × 3 =